En 2024, les TER régionaux ont franchi la barre symbolique de 100 000 voyageurs par jour. La fréquentation en hausse ne cache cependant pas un vrai besoin d’investissement sur un réseau parfois obsolète.
En Nouvelle-Aquitaine, le réseau TER a un double visage, sorte de Docteur Jekyll et Mister Hyde. La face positive : la fréquentation. Elle est en constante augmentation : + 7,4 % entre 2023 et 2024 et + 32 % depuis 2019 ! Une hausse qui a permis de franchir le cap des 100 000 voyageurs par jour. Les lignes qui forment l’Étoile de Pau connaissent le même cercle de croissance : + 16 % pour la ligne 52 Bordeaux-Pau-Tarbes, + 27 % pour la ligne 53 Hendaye- Bayonne-Pau-Tarbes et + 21 % pour la ligne 55 Pau-Oloron-Bedous.
« Sur le premier trimestre 2025, nous sommes à quasiment 10 points supplémentaires par rapport à la même période en 2024 », ajoute Renaud Lagrave, vice-président du Conseil régional en charge des mobilités en visite dans le Béarn. « Là où nous mettons de l’offre supplémentaire, la mayonnaise prend », ajoute-t-il en faisant référence sur la réouverture de la ligne Oloron-Bedous même s’il est difficile d’avancer des chiffres.
Gérer la surfréquentation
Passer de 63 000 à 102 000 voyageurs par jour en quelques années amène de l’adaptation. La Région, qui avance un budget d’environ 650 millions d’euros pour la partie ferroviaire, réhabilite et achète des rames. Aux 195 déjà existantes, 18 nouvelles vont venir garnir le parc entre mai 2025 et avril 2026, dont 3 sur le Sud-Aquitaine. « Elles permettront de rajouter une 2e ou une 3e rame sur des horaires de surfréquentation afin de donner plus de places aux usagers », explique Renaud Lagrave.
Le vice-président du Conseil régional tire également un premier bilan « encourageant » de la création des deux allers-retours quotidiens Pau- Dax du lundi au jeudi, avec « près de 100 voyageurs sur certains trains. »
Investir en mot d’ordre
Mais les bons chiffres ne font pas oublier la réalité du terrain, notamment l’état du réseau ferroviaire. Retards suite à des caténaires hors d’âge défectueux, annulations au dernier moment, suppressions de trajets… la face négative du réseau TER. Si, sur les trois lignes de l’Étoile de Pau, des efforts ont été faits sur la ponctualité et la régularité des trains, ils doivent être poursuivis.
« Des irrégularités sont inacceptables : la ligne 53 reste une des pires en Nouvelle-Aquitaine », assène Renaud Lagrave. « Il va falloir dégager des moyens car nous avons la capacité d’aller bien plus loin sur le nombre de passagers. Aujourd’hui, le modèle de SNCF Réseau n’est plus viable. Nous sommes à 53 euros/ habitant/an d’investissement quand les autres pays européens sont au double voire au triple ! On ne peut pas demander à nos concitoyens de ne pas prendre leur voiture et laisser le réseau ferroviaire tel qu’il est. »
Alors qu’une conférence nationale « Ambitions France Transports », présidée par Dominique Bussereau, a été officiellement lancée le 5 mai à Marseille, les yeux sont tournés vers le contrat de performance entre SNCF Réseau et l’État. Le précédent, signé en 2022, avait augmenté les péages de 65 à 83 millions d’euros pour faire circuler les trains et réduit les postes de cheminots et les travaux. Le prochain, actuellement en discussion, confère d’une importance capitale. « Le sujet des infrastructures et de l’entretien des lignes est réel. Il faudrait une loi de programmation, avec un engagement de l’État, pour donner une visibilité sur 5-10-15 ans », souhaite Renaud Lagrave.
Photo : © Région Nouvelle-Aquitaine


















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