Lors de sa conférence annuelle, le groupe Teréga a mis l’accent sur ses investissements massifs dans l’hydrogène pour la transition énergétique de demain. Cette source d’énergie jouit également d’une bonne perception chez la population même si la projection est encore difficile.
Jeudi 5 juin, la conférence annuelle de Teréga était un peu plus attendue qu’à l’accoutumée. Carolle Foissaud, fraîchement nommée présidente directrice générale après 9 années de mandat de Dominique Mockly, y effectuait sa première prise de parole officielle.
D’un ton calme et parfois ému, elle a réaffirmé la fierté d’occuper ses fonctions. Avant de dévoiler les chiffres annuels du groupe palois à l’aube de ses 80 ans. Un cru 2024 « très bon » de son propre aveu. Teréga SA a réalisé 488 millions de chiffre d’affaires (- 6 millions par rapport à 2023) et 106 millions de résultat net, franchissant pour la première fois la barre symbolique des 100 millions. Les investissements continuent d’être soutenus avec 154 millions d’euros investis, notamment dans la sécurité et l’augmentation des capacités de stockage.
Des projets, de la Région à l’Europe
Dans sa volonté de devenir un hub énergétique, Teréga travaille déjà pour l’avenir, avec « la décarbonation comme poumon ». Son plan Gaïa 2035, où le groupe souhaite avoir à cette date plus de 50 % de ses investissements dédiés aux nouveaux gazs, le groupe est au coeur de plusieurs projets d’envergure sur l’hydrogène à différentes échelles territoriales.
Dans le Grand Sud-Ouest, Teréga développe HySoW, un réseau hydrogène stratégique de 650 km dont 30 % de canalisations converties, destiné à relier les pôles industriels régionaux aux ports et à l’Espagne. Avec 500 GWh de stockage d’ici 2030, il accompagnera la réindustrialisation bas carbone des territoires. « Nous avons un vrai potentiel exportateur puisque dès 2030, nous serons en production excédentaire par rapport à la consommation locale. Les possibilités d’interconnexion avec l’Espagne sont réelles », souligne Carolle Foissaud.
À l’échelle continentale, Teréga est actionnaire à hauteur de 16,7 % dans le projet H2med/BarMar, pipeline sous-marin entre Barcelone et Marseille avec l’objectif plus global de connecter la péninsule ibérique au nord-est de l’Europe.
Un intérêt à confirmer
Ces investissements notables, qui vont se poursuivre avec 1,5 milliard d’euros au total entre 2025 et 2035 pour adapter les réseaux et intégrer les gaz verts, doivent désormais trouver grâce aux yeux des consommateurs.
L’Appel à Manifestation d’Intérêt, réalisé sur le projet H2Med, semble apporter des premiers éléments positifs. « 168 entreprises y ont répondu positivement. Le potentiel est important avec une demande significative en Allemagne et un intérêt des pays d’Afrique du Nord », souligne la présidente directrice générale.
Et les citoyens dans tout cela ? Toluna France a publié son baromètre hydrogène et CO2. Sur un échantillon de 1 081 personnes, 8 Français sur 10 en ont déjà entendu parler et 53 % en ont une bonne opinion.
« Ils la perçoivent comme une énergie propre, d’avenir et utile pour réduire les émissions de carbone », explique le directeur de l’institut Jean-Daniel Lévy avant de tempérer : « mais la promesse tarde selon eux à se concrétiser et la projection de la voir en énergie du quotidien est difficile. » Le travail d’image sur l’hydrogène compte tout autant que les investissements pour changer les habitudes.


















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