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Dans la vallée d’Aspe, les communes verrouillent l’essor des résidences secondaires

En intégrant la loi portée par le député béarnais Iñaki Echaniz à leur plan local d’urbanisme, six communes de la vallée d’Aspe veulent freiner l’essor des résidences secondaires et réserver les nouvelles constructions aux habitants permanents.

C’est un virage assumé. Dans la discrète mais emblématique vallée d’Aspe, six communes viennent d’armer leur plan local d’urbanisme pour endiguer la flambée des résidences secondaires. Accous, Bedous, Lescun, Issor, Aydius et Lourdios-Ichère ont intégré la loi portée par le député béarnais Iñaki Echaniz dans le PLUi de la communauté de communes du Haut-Béarn. Objectif : réserver les nouvelles constructions à l’habitation principale et desserrer l’étau immobilier qui étrangle peu à peu les habitants permanents.

Réguler la prolifération des meublés touristiques

Votée en 2024, la loi dite Echaniz-Le Meur permet aux territoires en tension de réguler la prolifération des meublés touristiques et des résidences secondaires. Jusqu’ici surtout mobilisée sur la côte basque, confrontée à l’explosion des locations de type Airbnb, elle trouve désormais un terrain d’application plus rural. En vallée d’Aspe, le mal est moins spectaculaire, mais tout aussi corrosif. À Accous, « 50 % des maisons sont des résidences secondaires ; à Lescun, on atteint 70 % », alerte le maire d’Accous Dany Barraud. Derrière ces chiffres, une réalité sociale : des salariés contraints de vivre à Pau ou à Oloron et d’effectuer chaque jour des dizaines de kilomètres faute de logements disponibles sur leur lieu de travail. La commune a récemment construit cinq petits appartements ; quinze candidatures ont afflué. Le signal d’une demande locale bien réelle.

Trouver l’équilibre entre tourisme et vie locale

Les élus ne contestent pas l’apport vital du tourisme. Mais ils redoutent un basculement progressif vers des villagesdécors, animés l’été et désertés l’hiver. « On a besoin de visiteurs, mais c’est une question d’équilibre », plaide Dany Barraud. Jusqu’à présent, les maires disposaient de peu d’outils pour encadrer la transformation du parc immobilier. L’intégration de la loi au PLUi change la donne. Concrètement, toute nouvelle maison construite dans ces six communes devra être occupée au moins huit mois par an au titre de résidence principale. Cette obligation figurera dans les actes de vente ou de location sous forme de servitude, y compris si un promoteur privé acquiert un terrain. En cas de manquement, les contrevenants s’exposent à des astreintes pouvant atteindre 1 000 euros par jour. Pour Iñaki Echaniz, l’enjeu dépasse les stations balnéaires sous pression. Certains dispositifs étaient réservés aux grandes métropoles ou aux territoires “carte postale”. L’esprit du texte, assure-t-il, est aussi préventif : empêcher que des vallées de montagne, encore accessibles, ne deviennent à leur tour des marchés spéculatifs hors de portée des habitants. Ces outils ne résoudront pas, à eux seuls, la crise du logement. Mais en vallée d’Aspe, les élus veulent croire qu’ils constituent un premier rempart. Pour que ces villages, adossés aux sommets, restent des lieux de vie à l’année et pas seulement des paysages à contempler… le temps d’un week-end.

■ C.N.

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